Serais-je devenu un sage ?

Faire ce que je sais faire tout en écoutant mon corps et mes instincts. Oui, pour 2017, je ne prends pas de risques. J’ai fait un hiver sérieux mais sans prise de tête et je vais concentrer mes objectifs sur ce qui est à ma portée.

 

On peut avoir 37 ans, de nombreuses saisons derrière soi, et continuer à se réinventer. C’est un peu ce que j’ai fait cet hiver. L’année 2016 avait été assez chargée pour moi, entre une Coupe de France de longue haleine, une participation imprévue au Tour de France, mais aussi mes projets extrasportifs qui se sont concrétisés : il fallait que je souffle. J’ai ainsi choisi de ne pas me fixer d’objectif pour l’intersaison. J’ai décompressé un petit peu en octobre et novembre, je me suis estimé légitime pour le faire. J’ai continué à avoir une activité sportive, mais sans contraintes. J’ai renouvelé mes habitudes de séances de musculation et circuit training avec mon coach personnel, mais j’y ai ajouté des séances de RPM avec les adhérents pour casser la routine.

Je vais dans une salle où j’ai été super bien accueilli par tout le monde. Ca change de la froideur du garage, c’est plus excitant de produire des efforts en groupe et ça permet de mieux composer avec les humeurs, les envies et bien sûr la météo. J’ai donc improvisé par un très savant mélange d’intérieur et d’extérieur, mais qui me semble être un excellent compromis dans le contexte du moment. Il faut parfois savoir renoncer à certains schémas qui ont fait leurs preuves car les paramètres physiques et mentaux ne sont que très rarement les mêmes d’un hiver à l’autre. Au final, les semaines sont passées très vite, je me sens frais dans la tête et dans les jambes. J’ai envie de dire « déjà janvier ? ». Mais le processus n’est pas terminé ; cette période durant laquelle j’essaye d’en garder sous la pédale n’est pas finie. Mon début de saison suit la même logique et c’est aussi pour cela que j’ai pu organiser ainsi mon hiver : ce n’est pas en février et mars que je vais devoir être au meilleur de ma forme.

La particularité de mon calendrier 2017, c’est que je ne serai au départ d’aucune des grandes courses par étapes du mois de mars que sont Paris-Nice, Tirreno Adriatico et le Tour de Catalogne. Alors qu’il n’y a pas si longtemps, il m’arrivait de prendra part à deux d’entre elles ! Ca va aller piano, avec le Grand Prix La Marseillaise, l’Etoile de Bessèges, le Tour du Haut-Var et Drôme-Ardèche : que des courses que je connais par coeur, où j’ai déjà brillé et qui me permettront de limiter mes déplacements. J’entrerai ensuite dans un objectif de Coupe de France. Je vais pouvoir m’aligner au départ de la Classic Loire-Atlantique et de Cholet-Pays-de-Loire. Je ne ferai pas le Circuit de la Sarthe, donc je vais entièrement me focaliser sur les manches du mois d’avril. Je veux vraiment tout faire pour gagner une quatrième fois cette belle compétition qui est pour moi un fil rouge qui s’impose.

La Coupe de France de l’an dernier a été la plus dure des trois que j’ai remportées dans ma carrière en raison de la remarquable adversité de Baptiste Planckaert. Désormais chez Katusha, il ne sera plus mon rival. Sans doute que d’autres opposants se dévoileront mais je suis confiant en mes chances de mener à bien ce challenge. Passé avril, je changerai de configuration et j’enchaînerai Romandie, Dunkerque, Dauphiné, championnats, et j’espère le Tour de France. J’y suis revenu l’an dernier et c’était un beau rebondissement après un début de saison compliqué par les pépins de santé. Ce n’était cependant pas un hasard : la fraîcheur physique engrangée m’a permis d’envisager les choses différemment. C’est ça qui m’a encouragé à ne pas précipiter les choses en 2017. Je l’admets sans aucun problème : mon plan pour l’année à venir est un plan sans véritable prise de risque. J’aspire à faire ce que je sais faire, avec les moyens qui sont les miens à mon âge. Et ils sont suffisants pour prendre énormément de plaisir, donc c’est vraiment très agréable à vivre !

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