Ma Carrière

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Zoom sur : Tour de France 2014

Ma vidéo de l'événement

Comment j'ai vécu l'événement

Mon objectif était similaire à l'année précédente, avec peut-être plus l'idée de guider le course par rapport à mon expérience d'une saison dans cette équipe, et des affinités nouées avec pas mal de coureurs sur l'édition précédente. AG2R La Mondiale avait pris une nouvelle dimension, il fallait mimer tout cela dans le bon sens, tant dans la dynamique que la cohésion. Je pouvais jouer ma carte en solo dans les sprints, mais j'avais aussi envie de me montrer à l'avant. En 2013, ça m'avait manqué, ce sont des moments quand même inouabliables. En début de Tour, il a fallu que je prenne mes marques : tout le monde est plein d'ambition et d'énergie, il faut faire attention aux chutes. Mais la deuxième étape était déjà accidentée et ça a créé des écarts et rebattu les cartes.

J'ai du me remettre dedans pour les emballages massifs, n'en ayant pas fait beaucoup le reste de la saison, le tout sans poisson-pilote. J'ai mis cinq ou six jours à être opérationnel. Je prends l'échappée sur l'étape des pavés, je termine troisième sur l'étape de Reims. Ensuite, nos leaders ont été placés au général. Je devais être là sur les terrains accidentés. J'ai réussi à suivre le rythme sur le parcours difficile d'Oyonnax, j'ai fait les sprints à Saint-Etienne, à Bergerac. Je répondais aux attentes de l'équipe mais je voulais offrir quelque chose en plus. Être à l'avant sur les pavés avait déjà été une bonne chose, mais il y a surtout eu l'étape de Bagnères-de-Luchon où je prends la bonne échappée, j'attends Romain Bardet au sommet du Port de Balès et lui permet de faire une bonne descente pour limiter la casse. Être échappé en montagne et en plus servir l'un de mes deux leaders, ca été un bon moment.

Jean-Christophe Peraud et Romain Bardet finiront deuxième et sixième au général final à Paris. On les a bien protégés, on les a menés à bon port. Il y a eu le déclic de la victoire de Blel Kadri à Gérardmer, en costaud, connaissant la réussite qu'il n'avait jamais eu sur le Tour. Il a insufflé de la motivation et après, JC et Romain ont évolué à un très haut niveau. Ils étaient au top physiquement et n'ont pas fait de faute. Ils ont construit leur performance progressivement. En plus, on gagne le classement par équipes : vraiment une euphorie grandissante et une fin grandiose. Ca a été le Tour du renouveau français et c'est notre équipe qui en a le plus bénéficié. Ce fut mon Tour de France le plus chargé en émotion d'un point de vue collectif. J'avais le "capitanat" de l'équipe et ça a fonctionné. C'est une grande satisfaction. Des moments de réussite exceptionnelle, qu'il faut apprécier, que je goûte encore plusieurs mois après. J'ai été dans le bon groupe au bon moment.